Quelle loi décide qui hérite
L’Espagne applique le règlement européen sur les successions (règlement (UE) n° 650/2012) aux successions des personnes décédées à partir du 17 août 2015 (art. 83). Il détermine le droit du pays qui régit l’ensemble de la succession : qui hérite et dans quelles parts, si certains proches ont une part garantie, et qui répond des dettes (art. 21 à 23). Il s’applique même lorsqu’il désigne la loi d’un pays hors de l’UE (art. 20). Le Royaume-Uni, l’Irlande et le Danemark n’ont pas participé à son adoption, et la Suisse, qui n’est pas membre de l’UE, n’y est pas soumise, mais cela ne change rien pour un bien à Majorque : l’Espagne y est tenue, si bien que les notaires, conservateurs du registre et tribunaux espagnols l’appliquent à chaque succession qu’ils traitent, quelle que soit la nationalité du propriétaire.
La règle par défaut est la loi du pays où la personne avait sa résidence habituelle à son décès (art. 21). La résidence habituelle est une question de fait : depuis combien de temps et avec quelle régularité la personne y vivait, et pour quelles raisons. Exceptionnellement, un lien manifestement plus étroit avec un autre pays prime. À la place de cette règle, chacun peut choisir la loi d’un pays dont il a la nationalité au moment du choix ou au décès, et les binationaux peuvent choisir l’une ou l’autre (art. 22). Ce choix se fait dans un testament ou un document similaire, de façon expresse ou résultant clairement de ses termes. Un testament antérieur au 17 août 2015, établi selon une loi que la personne aurait pu choisir, vaut choix de cette loi (art. 83).
| Situation au décès | Loi applicable à la succession | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Vivait à Majorque, pas de choix de loi dans un testament | Le droit espagnol. Pour un étranger, il s’agit du droit civil du lieu de résidence habituelle, donc des règles baléares à Majorque | Enfants, parents et conjoint ont des parts réservées (voir la section suivante) |
| Vivait dans un autre pays, pas de choix de loi | La loi de ce pays | Si ce pays n’est pas lié par le règlement, comme le Royaume-Uni, ses propres règles de conflit peuvent renvoyer au droit espagnol (renvoi, art. 34) |
| Choix valable de la loi nationale dans un testament | La loi de la nationalité choisie, pour toute la succession | Pour les pays à plusieurs systèmes juridiques, comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, nommer le système précis |
La réserve héréditaire à Majorque et dans le reste de l’Espagne
Le droit espagnol limite la liberté de disposer de ses biens. Une partie, la legítima (réserve héréditaire), revient aux enfants et autres descendants, aux parents s’il n’y a pas de descendants, et au conjoint survivant. L’Espagne compte plusieurs systèmes de droit civil. Majorque a ses propres règles, au livre I de la Compilation du droit civil des Baléares (Decreto Legislativo 79/1990), alors que la majeure partie du pays suit le Code civil. Si votre succession relève du droit espagnol parce que vous viviez à Majorque, ce sont les règles baléares qui s’appliquent.
| Survivants | Majorque (Compilation baléare) | Code civil (majeure partie de l’Espagne) |
|---|---|---|
| Enfants ou autres descendants | Un tiers de la succession s’il y a quatre enfants ou moins, la moitié s’il y en a plus (art. 42) | Deux tiers ; l’un de ces tiers peut être attribué à tout enfant ou descendant comme part supplémentaire, la mejora (art. 808) |
| Parents, en l’absence de descendants | Un quart (art. 43) | La moitié, ou un tiers si un conjoint survivant hérite aussi (art. 809) |
| Conjoint, avec des descendants | Usufruit de la moitié de la succession (art. 45) | Usufruit du tiers de la mejora (art. 834) |
| Conjoint, avec des parents | Usufruit des deux tiers (art. 45) | Usufruit de la moitié (art. 837) |
| Conjoint, sans descendants ni parents | Usufruit de toute la succession (art. 45) | Usufruit des deux tiers (art. 838) |
Le reste de la succession, la quotité disponible, peut aller à n’importe qui. À Majorque, le conjoint n’a pas de part réservée si le couple était séparé légalement ou si l’un des deux avait engagé une procédure de séparation, sauf réconciliation ultérieure (art. 45). La part réservée se paie normalement en biens de la succession, mais un testament peut autoriser un paiement en argent (art. 48). Omettre un héritier réservataire dans un testament n’annule pas celui-ci en général, et cet héritier peut réclamer sa part. L’omission involontaire d’un enfant peut, dans certains cas, permettre d’annuler le testament (art. 46).
- Causante
- La personne décédée dont la succession est transmise.
- Heredero
- Héritier : personne qui recueille tout ou partie de la succession, dettes comprises.
- Legatario
- Légataire : personne à qui un testament attribue un bien ou une somme déterminés.
- Legítima
- La part de la succession que la loi réserve à certains proches.
- Usufructo
- Usufruit : droit d’utiliser un bien et d’en percevoir les revenus à vie, tandis qu’une autre personne détient la nue-propriété (nuda propiedad).
Faire un testament espagnol
Vous n’êtes pas obligé de faire un testament espagnol, et un testament étranger valable peut servir en Espagne. Beaucoup de propriétaires en font un malgré tout, car un testament notarié espagnol se présente déjà sous la forme que connaissent les notaires, les banques et le registre de la propriété. Utiliser un testament étranger suppose en général des apostilles et des traductions assermentées du testament et des documents liés, comme un certificat d’héritier ou un grant of probate, et le notaire ou le conservateur peut demander la preuve du contenu de la loi étrangère, ce qui ajoute du temps et des frais pour les héritiers.
La forme habituelle est le testament notarié ouvert (testamento abierto). Vous exposez vos volontés au notaire, il rédige le testament et vous le signez devant lui. À Majorque, aucun témoin n’est nécessaire, sauf cas particuliers, par exemple si le notaire ne vous connaît pas ou si vous ne pouvez pas signer (Compilation baléare, art. 52). Le notaire conserve l’original et l’inscrit au registre général des actes de dernière volonté (Registro General de Actos de Última Voluntad), tenu par le ministère de la Justice. Un testament olographe (testamento ológrafo) est aussi valable et un étranger peut l’écrire dans sa langue, mais il doit être déposé chez un notaire dans les cinq ans suivant le décès (Code civil, art. 688 et 689).
- Le choix exprès de la loi de votre nationalité, si tel est votre souhait (règlement 650/2012, art. 22). Pour le Royaume-Uni ou les États-Unis, nommez le système juridique précis, comme le droit d’Angleterre et du pays de Galles.
- Les biens couverts par le testament, par exemple uniquement les biens situés en Espagne, et son articulation avec un éventuel testament dans votre pays.
- Le maintien ou la révocation des testaments antérieurs. En droit espagnol, un testament postérieur révoque le précédent, sauf s’il prévoit que celui-ci reste en vigueur (Code civil, art. 739).
- Les héritiers et légataires avec leur nom complet et leur identité, et qui les remplace s’ils décèdent avant vous.
- Un exécuteur testamentaire (albacea) si vous souhaitez désigner une personne pour gérer la succession.
Impôt sur les successions : qui paie et quelles règles s’appliquent
L’impôt espagnol sur les successions (Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones) est payé par chaque héritier sur la valeur nette qu’il reçoit, et non par la succession (Ley 29/1987, art. 9). Les héritiers résidant en Espagne paient sur tout ce dont ils héritent, où que ce soit. Ceux qui vivent à l’étranger paient seulement sur les biens situés en Espagne, comme le bien à Majorque et les comptes bancaires espagnols (art. 6 et 7). L’impôt naît à la date du décès : les règles en vigueur ce jour-là s’appliquent (art. 24).
Le service compétent dépend de la résidence. Si le défunt vivait aux Baléares et que l’héritier vit en Espagne, c’est l’agence fiscale des Baléares, l’ATIB (Agència Tributària de les Illes Balears). Si le défunt ou l’héritier vivait hors d’Espagne, c’est l’Oficina Nacional de Gestión Tributaria, qui dépend de l’Agencia Tributaria (AEAT) à Madrid.
| Date | Événement |
|---|---|
| 3 septembre 2014 | La Cour de justice de l’UE a jugé (affaire C-127/12) que taxer plus lourdement les non-résidents que les résidents était contraire à la libre circulation des capitaux |
| 1er janvier 2015 | La Ley 26/2014 a permis aux résidents des pays de l’UE et de l’EEE d’utiliser les règles régionales |
| À partir du 19 février 2018 | La Cour suprême espagnole, à commencer par l’arrêt 242/2018, a jugé que la libre circulation des capitaux protège aussi les résidents des pays hors UE et EEE |
| 11 juillet 2021 | La Ley 11/2021 a inscrit ce droit dans la loi pour tous les non-résidents, où qu’ils vivent |
La règle figure désormais dans la deuxième disposition additionnelle de la Ley 29/1987. Si le défunt vivait dans une région espagnole, les héritiers à l’étranger appliquent les règles de cette région. S’il vivait hors d’Espagne, ils appliquent les règles de la région où se trouve la plus grande valeur des biens espagnols. Ainsi, si le défunt vivait à l’étranger et que la plus grande part en valeur de ses biens espagnols se trouve aux Baléares, les règles baléares s’appliquent. Une personne vivant en Espagne est réputée résider dans la région où elle a passé le plus de jours au cours des cinq années précédentes. L’AEAT confirme que les héritiers de l’UE, de l’EEE et des autres pays peuvent tous opter pour les règles régionales.
Le bien est évalué à sa valeur de référence cadastrale (valor de referencia) à la date du décès, ou à la valeur déclarée si elle est supérieure. En l’absence de valeur de référence, on retient la plus élevée de la valeur déclarée et de la valeur de marché (art. 9.3, modifié par la Ley 11/2021). Le mobilier est présumé valoir 3 % de la succession, sauf preuve contraire des héritiers (art. 15). Les dettes déductibles réduisent la base imposable.
Allègements baléares pour les conjoints, enfants et autres héritiers
Les règles baléares classent les héritiers en groupes selon leur lien avec le défunt. Chaque groupe bénéficie d’un abattement déduit de la base imposable, et la plupart d’une bonification qui réduit l’impôt lui-même (Decreto Legislativo 1/2014, art. 21, 36 et 36 bis). Le tableau donne les règles pour les décès à partir du 25 juillet 2025.
| Groupe | Qui | Abattement | Bonification de l’impôt |
|---|---|---|---|
| I | Enfants et autres descendants de moins de 21 ans | 25 000 € plus 6 250 € par année en dessous de 21 ans, jusqu’à 50 000 € | 100 % |
| II | Enfants et autres descendants de 21 ans ou plus, conjoint, parents et autres ascendants | 25 000 € | 100 % |
| III | Frères, sœurs, neveux, nièces, oncles et tantes | 8 000 € | 60 %, ou 35 % s’ils héritent avec des enfants ou autres descendants du défunt non déshérités |
| III | Alliés et parents par remariage, comme un beau-frère, un beau-parent ou un beau-fils | 8 000 € | 35 % |
| IV | Cousins, parents plus éloignés et personnes sans lien de parenté | 1 000 € | Aucune |
La bonification de 100 % des groupes I et II a commencé le 18 juillet 2023 (Decreto-ley 4/2023) et a été confirmée par la Ley 11/2023 du 23 novembre 2023. Jusqu’au 24 juillet 2025, le texte limitait les bonifications aux héritiers imposés comme résidents espagnols. La Ley 6/2025, loi de finances baléare publiée le 24 juillet 2025, a levé cette limite et porté les bonifications du groupe III de 50 % et 25 % à 60 % et 35 %, pour les décès à partir du 25 juillet 2025. Le changement n’a pas d’effet rétroactif.
Si le bien était la résidence principale du défunt, s’ajoute une réduction de 100 % de sa valeur pour le conjoint, les ascendants et descendants, ainsi que pour les frères, sœurs et autres collatéraux de plus de 65 ans ayant vécu avec le défunt pendant les deux années précédentes, à condition que l’héritier le conserve cinq ans (art. 23). La résidence principale s’entend au sens de l’impôt espagnol sur le revenu : une résidence de vacances n’y ouvre pas droit. La loi plafonne la réduction à 270 151,20 € par héritier, mais permet au ministre baléare des Finances de relever ce chiffre par arrêté là où les prix des logements sont élevés (disposition additionnelle 5). Pour un logement à Majorque, le chiffre est de 331 859,70 € pour les décès à partir du 14 juin 2026, soit le minimum fixé par la Ley 4/2026 et appliqué par l’Orden 13/2026. Un arrêté du 16 mars 2026 avait fixé 307 089 € avec effet au 1er mars 2026. Pour les décès antérieurs, le plafond est de 270 151,20 €.
| Patrimoine préexistant de l’héritier | Groupes I et II | Groupe III : parents par le sang, beaux-enfants et alliés en ligne directe | Groupe III : beaux-frères, belles-sœurs et autres collatéraux par alliance | Groupe IV |
|---|---|---|---|---|
| Jusqu’à 400 000 € | 1,0000 | 1,2706 | 1,6575 | 1,7000 |
| De 400 000 € à 2 000 000 € | 1,0500 | 1,3341 | 1,7000 | 1,7850 |
| De 2 000 000 € à 4 000 000 € | 1,1000 | 1,3977 | 1,7850 | 1,8700 |
| Plus de 4 000 000 € | 1,2000 | 1,5247 | 1,9550 | 2,0400 |
Pour les groupes III et IV, l’impôt se calcule d’abord sur un barème de 7,65 % à 34 %, le taux maximal s’appliquant au-delà de 800 000 € de base (art. 33.1), puis il est multiplié comme indiqué ci-dessus, et enfin seulement réduit par une éventuelle bonification. Les groupes I et II ont leur propre barème, en vigueur depuis le 1er janvier 2016 : 1 % jusqu’à 700 000 €, puis 8 % jusqu’à 1 000 000 €, 11 % jusqu’à 2 000 000 €, 15 % jusqu’à 3 000 000 € et 20 % au-delà (art. 33.2). Sans la bonification, c’est ce barème que paient conjoints, enfants et parents. Tel était le cas des héritiers vivant à l’étranger pour les décès survenus entre le 18 juillet 2023 et le 24 juillet 2025, car la bonification ne concernait alors que les résidents espagnols. Les héritiers concernés par un décès survenu dans cette période peuvent interroger un conseiller fiscal sur leur situation.
Les délais et les conséquences d’un retard
| Étape | Délai | Où |
|---|---|---|
| Certificat des actes de dernière volonté | Peut être demandé une fois écoulés 15 jours ouvrables depuis le décès | Ministère de la Justice, en ligne, par courrier ou sur place |
| Déclaration et paiement de l’impôt sur les successions (formulaire modelo 650) | 6 mois à compter du décès. Une prolongation de 6 mois si elle est demandée dans les 5 premiers mois, avec intérêts de retard | AEAT ou ATIB, comme indiqué plus haut |
| Plusvalía municipale | 6 mois à compter du décès, prolongeables jusqu’à un an à la demande de l’héritier | Mairie du lieu du bien |
| Réponse à la sommation d’un notaire d’accepter ou de refuser la succession, si le droit espagnol s’applique | 30 jours calendaires ; le silence vaut acceptation pure et simple | Notaire (Code civil, art. 1005) |
| Utilisation d’un certificat successoral européen | Chaque copie certifiée vaut 6 mois | Autorité émettrice (règlement 650/2012, art. 70) |
| Dépôt d’un testament olographe | Dans les 5 ans suivant le décès | Notaire (Code civil, art. 689) |
Si la déclaration est déposée en retard mais avant tout contact de l’administration fiscale, une majoration s’applique : 1 %, plus 1 % par mois entier de retard. Après 12 mois, elle passe à 15 %, plus les intérêts de retard (Ley General Tributaria, art. 27). Si l’administration agit la première, les sanctions peuvent être plus lourdes. Lorsque la bonification ramène l’impôt à zéro, il n’y a rien à majorer, mais une déclaration tardive peut tout de même entraîner une amende fixe de 200 €, ramenée à 100 € si elle est déposée avant tout contact de l’administration (Ley General Tributaria, art. 198). Une déclaration non déposée peut aussi retarder l’inscription au registre de la propriété et le déblocage des fonds bancaires.
La plusvalía municipale sur un logement hérité
La plusvalía municipale, formellement l’impôt sur l’augmentation de valeur des terrains urbains (IIVTNU), est une taxe de la mairie sur la hausse de valeur du terrain sous un bâtiment. Dans une succession, c’est l’héritier qui la paie (Real Decreto Legislativo 2/2004, art. 106). Elle ne s’applique pas aux terrains classés rustiques pour l’IBI (taxe foncière locale), ce qui compte pour de nombreuses fincas (art. 104.2). Voir Acheter une finca.
Depuis novembre 2021 (Real Decreto-ley 26/2021), l’héritier peut choisir entre la méthode standard, fondée sur la valeur cadastrale du terrain et un coefficient lié aux années écoulées depuis l’acquisition par le défunt (20 ans au plus), et le gain réel démontré par les valeurs d’acquisition et de succession. Aucun impôt n’est dû en l’absence de gain (art. 104.5 et 107.5). Chaque mairie fixe son taux, jusqu’à 30 %, et peut accorder une bonification allant jusqu’à 95 % pour les successions au profit des descendants, conjoints et ascendants (art. 108). Les coefficients maximaux sont fixés au niveau national. Le Real Decreto-ley 29/2026 du 6 octobre 2026 en prévoit de nouveaux pour les décès à partir du 1er décembre 2026, à condition que le Congrès le valide ; le Congrès a rejeté début octobre 2026 un décret antérieur contenant les mêmes coefficients (Real Decreto-ley 26/2026). Les deux séries de maximums figurent dans Vendre en tant que non-résident.
| Règle | Palma |
|---|---|
| Taux | 18 % à partir du 1er janvier 2026 (21,5 % en 2025) |
| Bonification familiale | 95 % de l’impôt pour les descendants (par le sang ou par alliance), conjoints, ascendants et parents adoptifs |
| Condition | L’héritier ne doit pas céder le bien pendant cinq ans |
| Comment la demander | Demande et autoliquidation avec la bonification dans les six mois suivant le décès, prolongeables de six mois. Les demandes tardives ne sont pas admises |
| Délai | Six mois, prolongeables jusqu’à un an à la demande de l’héritier ; la prolongation est réputée accordée sans réponse expresse. Un an si la succession est acceptée plus de cinq mois après le décès |
Ce que doivent faire les héritiers, étape par étape
Déclarer le décès et obtenir les certificats
Un décès en Espagne se déclare à l’état civil (Registro Civil), en général par les pompes funèbres. Demandez plusieurs copies, y compris la version multilingue (certificado plurilingüe de defunción). Un décès à l’étranger se prouve par le certificat du pays, normalement avec apostille et traduction assermentée, ou par le formulaire multilingue de l’UE quand il s’applique.
Vérifier s’il existe un testament
Une fois écoulés 15 jours ouvrables, demandez le certificat des actes de dernière volonté au ministère de la Justice. Il indique si des testaments notariés espagnols ont été faits et où. Un certificat distinct recense les contrats d’assurance vie couvrant le décès. Vérifiez aussi l’existence d’un testament dans le pays d’origine.
Établir qui sont les héritiers
Avec un testament espagnol, le notaire travaille sur une copie authentique. Un testament étranger et les documents liés exigent des apostilles, des traductions assermentées et parfois la preuve de la loi étrangère. Un certificat successoral européen délivré dans un autre pays de l’UE ne demande aucune légalisation (règlement 650/2012, art. 74), mais l’AEAT réclame une traduction en espagnol. Sans testament et si le droit espagnol s’applique, un notaire établit une déclaration d’héritiers (declaración de herederos).
Obtenir un NIE pour chaque héritier
Chaque héritier a besoin d’un numéro d’identification fiscale espagnol pour déclarer l’impôt et signer l’acte. Voir Comment obtenir un numéro NIE.
Évaluer la succession
Dressez la liste des biens et des dettes à la date du décès : le bien à sa valeur de référence, les soldes bancaires, les véhicules et les dettes comme un prêt immobilier ou des impôts impayés. Les dettes fiscales du défunt passent aux héritiers, mais pas les sanctions (Ley General Tributaria, art. 39).
Déclarer et payer l’impôt sur les successions
Déposez le modelo 650 pour chaque héritier dans les six mois. Les héritiers vivant hors de l’UE et de l’EEE doivent en général désigner un représentant résidant en Espagne ; la Suisse ne figure pas dans la liste des pays dispensés publiée par l’AEAT. L’AEAT peut autoriser le paiement de l’impôt par les comptes espagnols du défunt si la demande précède la déclaration ; cette option n’existe pas pour le dépôt en ligne.
Signer l’acte de succession
Les héritiers acceptent la succession et se partagent les biens dans un acte d’acceptation et d’attribution (escritura de aceptación y adjudicación de herencia) devant notaire. Ils peuvent agir par procuration. Voir Choisir un avocat.
Payer la plusvalía et inscrire l’acte
Déposez la plusvalía à la mairie, puis inscrivez l’acte au registre de la propriété, qui vérifie que les impôts ont été traités (Ley Hipotecaria, art. 254). Mettez à jour le cadastre, l’IBI, les contrats d’eau et d’énergie et la copropriété. Les héritiers paient ensuite les impôts annuels du propriétaire : voir Impôts des propriétaires.
Les questions des acheteurs
Puis-je léguer ma maison à Majorque à qui je veux ?
Seulement si la loi qui régit votre succession le permet. Si le droit espagnol s’applique parce que vous vivez à Majorque, enfants, parents et conjoint ont des parts réservées. Si votre testament choisit valablement la loi de votre nationalité, c’est cette loi qui décide (règlement 650/2012, art. 22 et 23).
Mes enfants paient-ils l’impôt espagnol sur les successions s’ils vivent à l’étranger ?
Ils doivent déposer une déclaration dans les six mois. Pour les décès à partir du 25 juillet 2025, les enfants, conjoints et parents qui peuvent appliquer les règles baléares ont 100 % de bonification, où qu’ils vivent, à condition que les valeurs inscrites dans l’acte respectent le plafond.
Ai-je besoin d’un testament espagnol si j’en ai déjà un dans mon pays ?
Non. Un testament étranger valable peut servir en Espagne, mais il exige en général une apostille, une traduction assermentée et parfois la preuve de la loi étrangère. Si vous faites les deux, ils doivent être rédigés de sorte que l’un n’annule pas l’autre.
Que se passe-t-il si le délai de six mois n’est pas respecté ?
Une déclaration tardive déposée avant tout contact de l’administration entraîne une majoration de 1 % plus 1 % par mois entier de retard, qui passe à 15 % plus les intérêts après 12 mois (Ley General Tributaria, art. 27). Une prolongation de six mois peut être demandée dans les cinq premiers mois.
Que se passe-t-il s’il n’y a pas de testament ?
La loi qui régit la succession décide. En droit espagnol, l’ordre est le suivant : descendants, ascendants, conjoint, puis parents jusqu’au quatrième degré, et à Majorque le conjoint conserve aussi l’usufruit prévu par le droit baléare (Compilation, art. 53). Un notaire établit une déclaration d’héritiers.
Un partenaire non marié a-t-il droit aux mêmes allègements qu’un conjoint ?
Seulement si le couple remplit les conditions de la loi baléare 18/2001 sur les couples stables, dont l’inscription dans un registre public. Sinon, le partenaire relève du groupe IV, avec 1 000 € d’abattement et aucune bonification.
Sources
Les sources officielles et publiées sur lesquelles s’appuie ce guide, vérifiées en octobre 2026.
- Reglamento (UE) nº 650/2012, relativo a la competencia, la ley aplicable, el reconocimiento y la ejecución de las resoluciones en materia de sucesiones mortis causa y a la creación de un certificado sucesorio europeo BOE (Diario Oficial de la Unión Europea)
- Resolución de 10 de abril de 2017, de la Dirección General de los Registros y del Notariado (BOE-A-2017-4556) BOE
- Decreto Legislativo 79/1990, texto refundido de la Compilación del Derecho Civil de las Islas Baleares (texto consolidado) BOE
- Real Decreto de 24 de julio de 1889, Código Civil (texto consolidado) BOE
- Succession: Spain Portail européen e-Justice (Réseau judiciaire européen, avec le Conseil des notariats de l’UE)
- Ley 29/1987, de 18 de diciembre, del Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones (texto consolidado con versiones anteriores) BOE
- Ley 11/2021, de 9 de julio, de medidas de prevención y lucha contra el fraude fiscal BOE
- Real Decreto 1629/1991, Reglamento del Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones (texto consolidado) BOE
- Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones (no residentes): preguntas frecuentes Agencia Tributaria
- Adquisiciones mortis causa. Modelo 650: plazos de presentación Agencia Tributaria
- Decreto Legislativo 1/2014, texto refundido de las disposiciones legales de las Illes Balears en materia de tributos cedidos por el Estado (texto consolidado con versiones anteriores, mise à jour du 13 juin 2026) BOE
- Ley 4/2026, de 11 de junio, de medidas urgentes para acelerar proyectos estratégicos que contribuyan a la transformación económica de las Illes Balears y de otras medidas de simplificación y racionalización administrativas BOE (publié au BOIB núm. 74, 13 juin 2026)
- Orden 5/2026 del consejero de Economía, Hacienda e Innovación, de 16 de marzo, por la que se desarrolla la disposición adicional quinta del Texto refundido de tributos cedidos (BOIB núm. 34, 17 mars 2026) Govern de les Illes Balears (BOIB)
- Orden 13/2026 del consejero de Economía, Hacienda e Innovación, de 22 de junio, por la que se modifica la Orden 5/2026 (BOIB núm. 80, 25 juin 2026) Govern de les Illes Balears (BOIB)
- Real Decreto-ley 29/2026, de 6 de octubre, por el que se adoptan medidas urgentes para la protección de la función social de la vivienda y la ampliación de la oferta de vivienda asequible BOE
- Resolución de 2 de octubre de 2026, del Congreso de los Diputados, por la que se ordena la publicación del Acuerdo de derogación del Real Decreto-ley 26/2026 BOE
- Ley 6/2025, de 23 de julio, de presupuestos generales de la Comunidad Autónoma de las Illes Balears para el año 2025 BOE (publié au BOIB extraordinario núm. 98, 24 juillet 2025)
- Ley 18/2001, de 19 de diciembre, de parejas estables (texto consolidado) BOE
- Modelo 650: instrucciones Agència Tributària de les Illes Balears (ATIB)
- Real Decreto Legislativo 2/2004, texto refundido de la Ley Reguladora de las Haciendas Locales (texto consolidado) BOE
- Ordenanzas fiscales 2026: Impuesto sobre el incremento de valor de los terrenos de naturaleza urbana, concepto 114,00 (art. 8, 9 et 11) Ajuntament de Palma
- Plusvalía.01: IVTNU (municipio de Palma), información y cálculo del impuesto Ajuntament de Palma
- Ley 58/2003, de 17 de diciembre, General Tributaria (texto consolidado) BOE
- Decreto de 8 de febrero de 1946, Ley Hipotecaria (texto consolidado) BOE
- Certificado de actos de última voluntad Ministerio de Justicia
- Certificado de contratos de seguros de cobertura de fallecimiento Ministerio de Justicia
- When someone dies in Spain GOV.UK (Foreign, Commonwealth and Development Office)
- Droit des successions internationales : de nouvelles règles en 2025 (communiqué du 26 juin 2024) Office fédéral de la justice (Suisse)
Information générale, pas un conseil. Ce guide explique comment les choses se passent habituellement pour les acheteurs à Majorque. Les règles et les taux évoluent et chaque achat est différent : vérifiez les détails propres à votre situation auprès d’un avocat ou d’un conseiller fiscal indépendant avant de vous engager.
